Un début prometteur dans la presse illustrée
Pierre Le Goff (1932-2023) fait ses premiers pas dans le monde de l’illustration en 1949 en tant qu’homme à tout faire pour Jean Chapelle, fondateur de la Société française de presse illustrée (SFPI). C’est au cours de cette période qu’il fait une rencontre déterminante avec André Oulié, le dessinateur de « Zorro ». Grâce à cette amitié, Le Goff publie ses premiers dessins dès 1950, marquant ainsi le début d’une carrière longue et prolifique dans le monde de la bande dessinée et du dessin de presse.

Crayon, encre et collage sur papier
Le Goff collabore rapidement avec plusieurs revues emblématiques de l’époque, parmi lesquelles Hourra !, Héros Magazine, Le Journal de Mickey, Picsou Magazine, La Semaine de Suzette et même le quotidien Libération. Ces collaborations lui permettent de se forger une solide réputation dans le milieu et de développer son style graphique.
Une carrière marquante à l’Agence Opera Mundi
En 1964, Pierre Le Goff rejoint l’Agence Opera Mundi, où il produira des milliers de planches pour diverses séries de bandes dessinées. Il y restera pendant plusieurs décennies, soulignant dans une interview à la revue Hop ! qu’il n’a pris qu’un seul jour de repos durant toute cette période : le 1er mai.
L’un de ses premiers travaux chez Opera Mundi fut les aventures de Francis Coplan, un ingénieur et agent des services secrets français. Le Goff illustre les récits avec des lavis d’encre noire, créant des planches au réalisme frappant, évoquant des images cinématographiques.

Une aventure de Nasdine HODJA
58 planches à l’encre de chine numérotées 1 à 59
Au fil des ans, il tisse des liens étroits avec d’autres dessinateurs, notamment Pierre Le Guen, qui influencera son style. Leur collaboration est marquée par une solidarité professionnelle ; ils se remplaceront mutuellement sur certaines planches lorsqu’ils étaient débordés de travail. Parmi les exemples notables, Le Goff a réalisé trois épisodes des aventures de Nasdisne Hodja en 1967-1968 à la place d’un autre dessinateur.
Le dernier illustrateur de Nimbus
En 1981, Pierre Le Goff reprend le célèbre comic strip Nimbus, une série créée en 1934 par André Daix pour l’agence de presse Opera Mundi. Publié dans de nombreux quotidiens français, Nimbus était l’une des bandes les plus populaires du pays. Le Goff en dessinera plus de 2 300 strips jusqu’en 1991, concluant ainsi la série avec l’ultime numéro, le 13 311.
Parallèlement à son travail sur Nimbus, il illustre plusieurs romans pour des magazines, parmi lesquels figurent les célèbres aventures de Joseph Rouletabille, le jeune journaliste-détective imaginé par Gaston Leroux, notamment dans Le Mystère de la Chambre Jaune.

Crayon, encre sur papier
Un engagement syndical et artistique
Au-delà de ses créations, Pierre Le Goff s’est également distingué par son engagement syndical. Défenseur infatigable des droits des auteurs et illustrateurs, il a œuvré à améliorer les conditions de travail dans le milieu de la bande dessinée. En tant que porte-parole influent, il a fédéré de nombreux confrères autour de valeurs de solidarité et de justice, jouant un rôle majeur dans la reconnaissance et la protection des créateurs de bandes dessinées en France. Pierre Le Goff laisse derrière lui un héritage riche, tant par la qualité et la diversité de son œuvre que par son engagement en faveur des droits des créateurs. De ses premiers dessins en 1950 jusqu’à la conclusion de la série Nimbus en 1991, son influence dans l’univers de la bande dessinée est incontestable, tant sur le plan artistique que syndical.
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