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Sébastien Tixier

C’est le photographe des trois peacocks, et on lui dit un très grand merci pour son professionnalisme, sa patience, et son talent. Le résultat est au-delà de nos attentes et nous avons bien ri pendant cette séance!

Même s’il fait ça avec talent, le portrait n’est pas son thème de prédilection, ce qu’il préfère shooter ce sont les paysages en mutation comme en témoignent ses dernières séries, Allangorpoq (Groenland) qui a rencontré un vif succès médiatique ou encore Hashima (Gunkanjima), île japonaise abandonnée devenue populaire ultérieurement suite au tournage de Skyfall avec Daniel Craig, le James Bond chouchou de notre équipe.

RENCONTRE

YP : Sébastien, photographe ce n’est pas ton métier de formation, quand et comment t’es venu cette passion? 
ST : Mon père avait ce gros reflex de marque ZENIT, quand j’étais enfant. Il était lourd et bruyant. Je trouvais l’appareil fascinant, mais je n’ai pas touché un seul appareil photo avant environ mes 25 ans. J’ai donc en effet suivi une formation scientifique. Entre temps j’avais pris quelques cours de peinture, et c’est petit à petit l’intérêt pour la photo a repris le dessus et que j’ai sauté le pas. En plus du besoin créatif et celui de « dire des choses », ce qui m’a intéressé avec la photo c’est son rapport ambigu au réel : celui qui permet à la fois de capturer une scène qui a existé mais tout en étant empreint de parti-pris.

YP : Une fois le doigt dedans n’as-tu jamais eu envie de compléter cette sensibilité autodidacte avec une formation professionnelle? 
ST : J’ai effectivement un parcours autodidacte en photographie. C’est d’ailleurs relativement fréquent dans le milieu, et c’est vrai que je n’ai jamais ressenti l’envie de suivre une formation dédiée – du moins sur les aspects techniques. Il m’est arrivé en revanche d’avoir eu envie de suivre des cours en histoire de l’art, parce qu’il y a tellement à apprendre et que ça me semblait important de pouvoir structurer mes références. J’ai aussi compensé en boulimie d’auto-apprentissage, mais on ne sait jamais de quoi demain sera fait !

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YP : Lorsqu’on regarde ton travail de ces dix dernières années, on remarque un grand intérêt pour le paysage dépourvu de présence humaine, tels Hashima, beaucoup de clichés d’Allanngorpoq mais aussi le travail plus ancien de Latences, pourquoi? 
ST : C’est intéressant parce que pour moi, Allanngorpoq marque au contraire un virage consistant à me rapprocher de l’humain. Par sa nature – documenter une île anciennement urbanisée et désormais abandonnée – Hashima est nécessairement dépourvu de présence humaine, et Latences est plus un vagabondage poétique, pour lequel il me semble qu’une présence humaine aurait soustrait le spectateur de la rêverie recherchée. Mais la question est intéressante dans le sens « Qu’est ce qui m’a amené à ne pas m’intéresser à l’humain plus tôt ? ». Allanngorpoq est justement le premier travail que j’ai entrepris qui soit plus « documentaire » et traite de changements sociétaux (au Groenland). Si les portraits y sont effectivement rares et le plus généralement photographiés « en pied » la présence humaine est figurée sur bon nombre de photos – mais généralement de loin. Je pense que ça tient à la fois à une volonté esthétique de faire figurer l’humain dans son environnement, à une approche pensée pour des tirages de grande taille, et sans doute à une certaine pudeur.

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YP : Parle-nous un peu de la série sur laquelle tu travailles actuellement, qu’es-tu allé chercher en Chine? Quand sera-t-elle présentée au public pour la première fois?
ST : C’est un travail sur l’appropriation par l’Homme de ses ressources naturelles que sont ici l’eau et la montagne, pour faire face aux enjeux démographiques et économiques qui sont les siens. Dans le contexte particulier de la Chine, il s’agit de projets d’envergures massives alors même que la culture picturale chinoise s’est construite autour de ses célèbres peintures à l’encre sacralisant les rivières et les montagnes. Mais le contexte est particulièrement fascinant puisque, tout en étant un des pays avec les plus forts problèmes de pollution, c’est aussi celui qui s’apprête à inaugurer le plus grand site mondial d’énergie solaire.
Ce travail est en cours d’editing pour le choix des images. Il sera présenté probablement avant la fin de l’année, sans doute d’abord étendu avec celui du photographe Raphaël Bourelly qui m’a accompagné sur ce projet, pour y proposer son regard et des thématiques liées – une première pour moi.

YP : Quand je t’ai connu, tu travaillais beaucoup sur des séries très mises en scène aux problématiques fortes comme Que reste-t-il de nos rêves? ou Petits Clous, as-tu abandonné ce pendant de ton travail? 
Si non, travailles-tu a une nouvelle série? Peux-tu nous en dire plus? 
ST : Non, je pense que c’est simplement avant tout une question de cycles. J’ai effectivement moins la tête à cette approche en ce moment, mais je revendique une liberté de forme, et si mon travail sur le Groenland a été assez médiatisé, je ne me considère pas enfermé en photographe « de reportage ». Il n’est pas d’ailleurs certain que mes prochains travaux soient de type reportage ou de type mis en scène, mais pourrait très probablement prendre des formes plus plasticiennes : j’aimerais faire figurer des problématiques contemporaines ayant trait aux répartitions de flux économiques, mais sans avoir une approche « illustrative ».
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YP : Comment c’était la séance photos des trois peacocks? 

ST : Les modèles les plus insupportables n’étaient pas forcément celles que j’aurais pensé … quoiqu’elles avaient une belle capacité à se relayer 🙂 En réalité j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver le contexte du studio, et à être assisté sur le stylisme, le tout dans une géniale bonne humeur !

 

Propos recueillis par Elsa Paradol

 

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