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Le poinçon dans tous ses états

Afin de reconnaître la qualité d’un ouvrage en métal, on aura tendance à chercher son poinçon. Petite marque discrète, difficilement visible à l’oeil nu, le poinçon contient une mine d’information pour qui saura le reconnaître. Prenant ses origines dès le Moyen-Âge, lorsque Philippe le Hardi demande à chaque ville de faire apposer un poinçon sur les pièces d’orfèvrerie qui sont produites dans leurs ateliers, il garantit à la fois la provenance et la qualité de la pièce convoitée.

Durant l’Ancien Régime, ce système fait l’objet d’une réglementation nationale. chaque pièce d’orfèvrerie devra désormais se voir insculper plusieurs marques:

  • Le poinçon de maître: apposé par l’orfèvre sur l’ébauche de son ouvrage, il est souvent le plus altéré car la pièce est retravaillée par la suite
  • Le poinçon de charge: apposé par le fermier général, représentant de l’État, il représente l’engagement de l’orfèvre à s’acquitter de la taxe sur les métaux précieux. Il prend la forme d’une lettre surmontée d’une couronne ouverte, la lettre A correspondant au fermier général de Paris. 
  • Le poinçon de jurande: prenant également la forme d’une lettre, il permet de dater l’année de réalisation de la pièce et de garantir le titre du métal, car il est apposé par le bureau des orfèvres de la ville, appelée Maison Commune. Chaque année correspondant à une lettre, dont le graphisme est modifié à la fin de chaque cycle. 
  • Le poinçon de décharge: prouvant que l’orfèvre s’est bien acquitté de la taxe sur les métaux précieux, il est insculpé à la fin de la réalisation de l’ouvrage. Il peut revêtir une multitude d’apparence: lettre, symbole ou encore animal. 
Exemple d’ouvrage d’Ancien Régime présentant de gauche à droite: poinçon de charge, poinçon de maître, poinçon de jurande, poinçon de décharge

Ce procédé fait l’objet d’une simplification suite à la Révolution. Les poinçons de charge, décharge et jurande sont abolis et remplacés par deux autres poinçons: 

  • Le poinçon de titre: garantissant la qualité du métal, selon sa teneur en métal pur.
  • Le poinçon de garantie: lorsque la teneur de l’alliage ne peut être affirmée avec précision, ce poinçon vient garantir un minimum en métal précieux. 

Aujourd’hui, ces poinçons sont appliqués par le Bureau de la Garantie des Métaux Précieux des Douanes Françaises. 

Sur les pièces d’orfèvrerie, pas de signature possible. C’est donc le poinçon de maître orfèvre qui remplit cet office. Recouvrant de nombreuses formes, les règles différant entre Paris et le reste de la France, ce n’est qu’en 1672 que les initiales sont imposées. Vient ensuite le losange en 1797, dans lesquelles les initiales doivent s’inscrire. Entre les initiales est souvent incorporé un symbole, qui a trait aux origines de l’artiste: l’emblème de sa ville ou de sa région, une fleur de lys, une couronne, un animal. Certains orfèvres font cependant preuve d’un grand sens de la dérision concernant leur poinçon. En voici une sélection, de haut en bas et de gauche à droite: Étienne Agelou, André Aucoc, Antonin Basset, Louis Baudet, Léon Boulogne, Amédée Fleury, Émile Grenet, Jean Jarre, Émile Raton, Felix Renn.

Grâce aux éléments mentionnés ci-dessus, serez vous capable d’identifier les poinçons de cette assiette, lot n°5, mise aux enchères dans notre vente du 17 novembre ? Donnez-nous votre réponse en commentaire!

Retrouvez le catalogue de la vente INTERIEUR PARISIEN du 17 novembre 2020 sur Drouot Online ICI

Par Alizée Lebon

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